Angela Merkel
Il y a quelques trente ans alors que j’étais jeune fille aux jupes colorées, je promenais mes rêves dans
les mouvances universelles de ma génération. Enfants fleurs, enfants de la terre, nous nous rêvions sans frontières et universellement libres.
Je me souviens de ce couple venu de Berlin. Il suivait chacun de nos mouvements et traçait sa route comme
un insecte saoul, saoul de liberté, dans une fièvre qui me laissait perplexe. Tout semblait prétexte à « bouger », de ci de là, sans raison, sans but, à « pouvoir
aller »
Un de ces matins où je demandais avec surprise ce qui les poussait à tant bouger, sans but, il me
dit
« Il faut savoir ce que c’est de vivre à Berlin »
Je le regardais en silence. Non bien sûr je ne pouvais pas savoir, mais entendre entre les mots de sa voix,
toute la souffrance, toute la déchirure, tout le désespoir de ce peuple, de cette ville, je pouvais.
Berlin, depuis me hantait.
Je regarde aujourd’hui votre passage entourée de ces chefs d’états et représentants de ce qui forgèrent cette histoire et je ressens une joie profonde.
J’aime le rayonnement de votre visage, la joie qui s’en dégage et l’émotion qui se propage.
9 novembre 1989, 9 novembre 2009, mais il me semble que c'est seulement aujourd’hui que l'on peut souffler
vraiment, comme s’il avait fallu ces 20 ans pour digérer et engloutir ce mur, que seul aujourd’hui a vraiment vu tomber et disparaitre.
Il est comme une boucle bouclée, du 9 novembre 38, au 9 novembre 2009 il est enfin l’heure d’écrire une
autre histoire pour l’Allemagne, pour l’Europe.
Je me réjouie qu’au devant les tombes sacrées de nos précieux ancêtres nous sachions danser dans la
joie de l’union.
Je me réjouie que ce soit une femme, une femme allemande, radieuse et paisible qui ait guidé ce soir
ces symboles forts et fiers de notre Europe nouvelle.